31 août 2008
PLACE DJAMA EL FNA
Premier jour, premier contact. Je pars seul découvrir ce haut lieu de la vie marrakchie. Un petit
déjeuner en terrasse. Jus d'orange pressé à tomber par terre, le
traditionnel thé à la menthe, quelques crêpes marocaines, je me laisse imprégner par l'ambiance du lieu. Face à moi, une foule de badauds s'agite. Les touristes curieux s'arrêtent devant ces dizaines de stands improvisés, où dresseurs de serpents, tatoueuses au hénné, montreurs de singes, liseuses de bonne aventure, musiciens gnawa tentent de gagner quelques dirhams en exhibant leurs talents. J'ai le sentiment d'être dans un cirque à ciel ouvert.
Il est tôt mais le coeur de la ville ancienne bât déjà d'une frénésie orientale. Les roulottes de jus d'oranges pressées font couler le subtile nectar dans de grands verres glacés, les stands de fruits secs me font discrètement de l'oeil, mettant à rude épreuve ma gourmandise. Je ne sais plus trop où donner de la tête.


je m'enfonce dans le labyrinthe des souks. Tous mes sens sont mis à contributions. Une palette de couleurs, d'odeurs donne à ce film surréaliste un goût d'authenticité. Toute une cité d'échoppes en tout genre ouvre ses portes à la magie du lieu. Césame ouvre toi!




Dépassant les limites virtuelles de la zone touristique, je pénètre dans la médina. Dédale de ruelles entre les maisons. Les regards se posent sur moi comme si j'étais un extra terrestres. Mais qu'est ce que fout ici ce petit blanc. Certains essaient même de me réorienter, pensant que je suis perdu. Non, non, je découvre, tel un gosse qui ouvre les yeux sur le monde.
Quand soudain, je fais la connaissance de Assan, vieux professeur d'arabe, qui m'invite chez lui. Premier cours d'arabe écrit, il veut tout me montrer, me présente sa famille, me prépare le thé, m'invite à manger, me fait fumer le kif, réservé au ancien. Je ne sais pas comment le prendre ;) me parle de son amour pour les français, de son dégoût de notre cher président Sarko. Soudain, sortant d'une boite en carton, la fierté de ses enfants apparaît comme un arc en ciel... des poussins multicolores. Il n'y a pas que le climat qui se dérègle!

"Si Dieu le veut, on se reverra" me dit-il en me laissant au coin d'une rue. Inch'Allah!
30 août 2008
LA VERITE SORT DE LA BOUCHE DES ENFANTS
Parfois, il y a des discours qui se passent de commentaires.
Prenez 5 minutes de votre vie sans doute bien remplie pour regarder cette vidéo et tirez en les conclusions qui s'imposent.
http://fr.youtube.com/watch?v=5JvVf1piHXg
MEANDRES METALLIQUES
On renoue avec les petits jeux photo. A quoi peut bien servir cette tuyauterie?

LAS VEGAS - CASABLANCA

Mais que vient faire cette photo un peu surréaliste sur un récit de voyage marocain, me direz-vous?
A bien y regarder, on se croirait facilement sur la route 66, au milieu du grand ouest américain et pourtant c'est bien au Maroc que j'ai pris cette photo.
Sans doute sans grand interet, ce cliché represente pourtant la première vision que j'ai eu du Maroc. Et tout mon voyage a concrétisé cette image.
Pays de contraste. En pleine évolution. Où la société de consommation avance à grand pas à coup de publicités placardées à tout va, de programmes de modernisation mal gérés, mais qui restent une priorité nationale. (Electrification de tous les villages du royaume terminée cette année,du moins théoriquement)
Pays de soleil, donnant aux paysages ces contre-jours plein de mysticisme et promettant des couchers de toute beauté.
Pays de mysteres où chaque rencontre, chaque paysage cache une infinité de surprises
29 août 2008
RETOUR
Le géant de métal se pose sur le tarmack d'un aéroport qui pourrait être n'importe lequel. Etrangeté de la nuit qui donne à toutes ces fourmilières de voyageurs la même image. Ici ou ailleurs, ça serait la même chose. Je n'ai pas la tête à ce retour. Mes pensées sont encore là-bas mais mon corps déambule dans les couloirs d'un terminal sans âme. Je me dirige hypnotiquement
vers ce tapis qui me rendra mon compagnon de route, ma maison
d'escargot. Car c'est bien à ce gastéropode que j'ai envie de
ressembler depuis que je suis entré dans l'aéroport de Marrakech. Que le temps soit interminable, qu'il ralentisse sa course. Non, je ne veux pas rentrer.
Heureusement, je reconnais des visages familiers derrière la vitre. Je ne suis pas seul face à la réalité du retour. Dans la voiture qui me ramène dans mon home sweet
home, j'ai du mal à comprendre ce qui m'arrive. Mais ai-je réellement
envie de comprendre? Pourquoi suis là? Il aurait été tellement plus
simple de ne pas prendre cette avion.
A présent, je suis là dans
mon appartement, avec mes repères. Mais n'est-ce pas pour perdre nos
repères que l'on voyage? Je ne pas envie de faire le bilan de ce mois
où tant de choses me sont arrivées, où tant d'idées reçues se sont
effacées, où tant de certitudes ont volé en éclats. Le temps s'en
chargera bien assez vite.
J'ai devant les yeux une multitude
d'écrans où défilent les films de tout ce que j'ai vu, un caléidoscope
des visages de ceux qui ont croisé ma route, un patchwork des paysages
qui m'ont tant fascinés. Je n'arrive pas à mettre sur pause.
L'euphorie
du départ est sans doute aussi forte que la nostalgie du retour et j'en
arrive à me demander pourquoi je continue à partir. Alors je pense à
cette citation de Nicolas BOUVIER:
"Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même.
Certains pensent qu'ils font un voyage, en fait,
c'est le voyage qui vous fait ou vous défait."
Est-ce
prétentieux d'affirmer que je me sens grandi, enrichi? Tant de choses
m'ont percuté de plein fouet, tant de choses ont défait mes idées. Je
ne sais plus très bien quoi penser de tout ça. Il va me falloir du temps pour réaliser.
Si je devais trouver un mot pour définir ce pays?
CONTRASTE
En parler? difficile!
Peut être qu'avec le temps j'y parviendrai...





